C’est à San Giuliano, en Costa Verde, sur le versant Est de la Corse, que se trouve le conservatoire des agrumes de l’Inra et du Cirad. Avec plus de 1 000 variétés d’agrumes, cette collection est l’une des plus importantes et des plus belles du monde. Clémentines, oranges, oranges navels, blondes, maltaises, sanguines, citrons, limes, pomelos, cédrats, pamplemousses, côtoient des agrumes moins connus comme les citrons caviar avec leurs pulpes sphériques si particulières, des agrumes japonais tels les Yuzu, Sudachi, Kabosu, des citrons et limes douces dépourvus d’acidité.

Ces agrumes sont précieusement conservés, en plein champ, sur plus de 13 hectares. Créé, il y a soixante ans, et constamment enrichi, au gré des voyages, par les chercheurs de l’Inra et du Cirad, ce conservatoire a pour vocation de préserver le matériel génétique et de le diffuser dans de bonnes conditions sanitaires.

conservatoire des agrumes

Cette collection constitue un formidable support d’étude pour les chercheurs. Les récents travaux menés en collaboration avec les équipes espagnoles et américaines, ont permis de mieux comprendre les origines génétiques des agrumes. Ainsi, quatre groupes ancestraux seraient à l’origine de l’ensemble des espèces cultivées : les cédratiers, les pamplemoussiers, les mandariniers et les papedas.

Il y a plusieurs milliers d’années lors des premiers échanges commerciaux, l’homme a mis en contact ces agrumes qui se sont alors croisés sexuellement.
Ainsi sont nés les oranges amères produit de la rencontre d’un mandarinier et d’un pamplemoussier, les orangers (¾ mandarinier, ¼ pamplemoussier), les citronniers (½ cédratier, ½ oranger amer)…

Fabuleux support pour l’innovation variétale, ce conservatoire permet aux chercheurs de créer naturellement de nouvelles variétés. Associés aux agrumiculteurs corses, ils essayent de sélectionner le fruit qui séduira les consommateurs : une mandarine qui arriverait sur le marché après la Clémentine de Corse, une lime adaptée au climat de la Corse ou un nouveau pomelo ? Certaines de ces variétés prometteuses sont déjà testées dans des vergers de l’île de Beauté, dans le cadre d’un projet intitulé InnovAgrumes.

Vous les retrouverez certainement sur les étals des marchés mais ne soyez pas trop pressés puisqu’il faut environ 20 ans pour qu’une nouvelle variété puisse être commercialisée.

conservatoire des agrumes

©Thibaut Poullet_INRA

Conservatoire des Agrumes de l’INRA et du CIRAD

20230 San Giuliano

Conservatoire des Agrumes de l’INRA et du CIRAD

20230 San Giuliano